07/11/2011

Souvenir n°5





La 
terre s'use, l'amitié des âmesjamais. Quand on s'aime d'amitié, on voudrait pourtant que noscorps ne vieillissent point parce qu'on sait que la séparation approche de jour en jour.


[Jean-Michel WYL]



Je ne ferais pas de texte aujourd'hui. Je préfère aller chercher dans mon journal un poème que j'ai écris il y a quelques années. Un souvenir écrit, parmi tous ceux que je garde jalousement enfouis dans ma mémoire.



La vie ne m'a pas laissé le choix,
Elle a été bien cruelle avec moi,
M'enlevant mes amis un par un,
M'arrachant le coeur à chacun de mes pas.

Elle me fait si mal, aujourd'hui encore,
Lentement, faisant saigner mon corps.
Elle me pousse dangereusement vers la Mort,
Me disant que vivre est un tort.

J'ai tellement souffert à cause d'elle...
La Mort s'approche déjà, sa faux levée,
Telle une apparition divine, presque irréelle
Sur le point de me faucher...


Ne me jugez pas.
Je vous aime.

Souvenir n°4





 Ecrire, écrire le pourquoi on veut écrireécrireson besoin d'écrire, c'est écrire sa tourmente, sarévélation, sa tension. C'est délier sa peur !


[Louise Portal]


  L'écriture est une manifestation du langage. "Tout le monde" écrit chaque jours, dans différents contextes et avec un orthographe plus ou moins approximatif. Mais le sujet n'est pas ici celui du phénomène de monde incompréhensible qu'est le "Kikoolol". Car bien que je m'accorde à dire que les fautes d'aujourd'hui sont les normes de demain, je refuse que les générations futures aient à parler une langue construite, quand tant de belles langues historico-naturelles sont présentes dans le monde.

  Mais je m'égare, car si aujourd'hui je prend mon clavier à deux mains c'est pour écrire sur l'écriture. Quel adolescent n'a pas évacué ses peines dans l'écriture de poèmes suicidaires pour la plupart ? Qui n'a jamais lu de blog fiction ? Peut-être êtes-vous des écrivain accomplis, de fins connaisseurs en matière de livres. Nous écrivons beaucoup, dans des cadres formels, ou simplement par plaisir. Car l'écriture est la parole de l'âme. La voix des sentiments. Il est plus simple d'écrire que de parler.
  La raison ? Un mot s'efface, se gomme, se surprime, s'oublie. La parole, elle, claque, résonne et reste gravée. Personne n'a jamais pu ravaler ses paroles, effacer les ondes transmises vers son auditorat. 

  Ne croyez pas que je critique l'écriture des jeunes en peine dans ce souvenir. J'ai écris de nombreux poèmes sombres, j'en écris toujours. J'ai mon blog fiction, celui-ci, dont je suis le personnage principal, l'histoire et le lecteur. Je suis normale, je ne sais pas dire ce que je ressens, et j'arrêterais d'écrire ici si je devais en même temps lire à haute voix ce que je tape en ce moment. Le regard des gens est un frein à la parole. Une feuille blanche en revanche n'a pas d'yeux, elle n'a de limite que ses bords physiques. C'est un immense terrain de jeu où les nos émotions jaillissent de la pointe du stylo.

  Il ne me reste plus qu'une chose à dire : écrivez ! Faites partager vos sentiments, vos peines, vos joies. Vos écrits ne trouverons jamais meilleurs lecteurs que vous. Ecrivez pour vous avant d'écrire pour les autres, imaginez car tout est possible dans un texte. Tout.

Je vous aime.

19/09/2011

Souvenir n°3




Le vrai voyage, c'est d'y aller. Une fois arrivé, le voyage est fini. Aujourd'hui les gens commencent par la fin.

                [Hugo Verlomme]



Je n'ai jamais eu peur de voyager, de partir loin de chez moi. J'ai peu d'attaches dans cette ville qui m'a vu grandir. J'en connais toutes les rues, toutes les maisons mais je n'ai que faire de leurs habitants. La pierre et les arbres parlent plus que les voix. 
Assise sur le rebord de la fenêtre, le visage tourné vers de ciel, je ferme doucement les yeux et me souviens.

Je me souviens avoir aimé, détesté, adoré, haïs, quitté, retrouvé cette petite zone pavillonnaire, tout près de Paris. Je me suis toujours demandé si l'on pouvait partir sans jamais se retourner. Si l'on pouvait vraiment "recommencer" sa vie. 
Mais le commencement d'une vie est la naissance. Peut-on naître une seconde fois ? Et recommence-t-on enfant ou quelqu'un appuie sur avance rapide jusqu'à l'âge où nous étions avant ?

Je n'ai jamais voulu recommencer ma vie. Je suis certaine que douée comme je suis j'aurais refait les mêmes erreurs et cette souffrance n'aurait servi à rien. Car partir c'est souffrir. C'est perdre un bout de soi-même, qui restera pour toujours accroché à un mur, pendu à une branche. Partir c'est s'arracher la peau dans l'espoir qu'une autre repoussera, plus douce, plus lisse, plus nette. Mais la cicatrisation est longue, interminable, parfois impossible.

Même en sachant ça, qui n'a jamais voulu tout plaquer et s'enfuir ? Qui n'a jamais rêvé de grands espaces, de nouveaux paysages, coincé entre les murs de sa classe ? et combien d'entre vous ne le fera jamais ?

Pourquoi s'obstiner à croire que le bonheur est dans la fuite ?

Je vous aime.

18/09/2011

Souvenir n°2





20. C'est moi, au violon maintenant, et c'est la Danse slave n°10 en mi mineur de Dvorak, comme l'attestent la position de mes doigts sur les cordes et l'angle d'attaque de l'archet. Palafox s'éclipse par une fenêtre.

"La musique, c'est toute ma vie". Une phrase banale, que tout le monde crie à qui veut bien l'entendre. A l'heure où les stars ne sont jugées que par leur physique, où les voix sont retravaillées et les instruments vomissent des notes au rythme de boum-boum électroniques je me souviens. 

Je me souviens de ce jour de décembre où, assise bien au chaud derrière ma fenêtre je contemplais la neige qui blanchissais les prés. Je me souviens de ma mère, assise devant l'énorme cheminée de pierre, écoutant une symphonie de Mozart. Je me souviens de la chaleur qui m'envahit alors, de mes doigts désirant toucher le bois si parfait des violon.

J'avais 6 ans.

Depuis ce jour, et sans cesse, je joue du violon. Je ne fais pas de musique, je joue. Car la musique est un jeu. On ne la fait pas, elle nous habite, elle sait se faire légère quand tout va bien, et lourde quand tout va mal. Si vous ne voyez pas de quoi je parle, c'est que vous êtes sourds. Ou alors que vous n'écoutez pas de musique. 
Comment rester de marbre devant l'été de Vivaldi, le Requiem Lacrimosa de Mozart ou toutes ces musiques médiévales qui nous portent loin de nos vies ?

Il faut des oreilles pour entendre mais un coeur pour écouter.

Je vous aime.


Souvenir n°1



27. C'est moi, rendu à ma solitude. Une solitude tentée par le vide où je suis tout juste toléré moi-même, dernier indésirable, l'importun qui s'incruste. Mais je ne m'attarderai pas. Je marche sous un ciel blanc sans clarté dont je pourrais, tant il est bas, arracher un morceau avec la main - et pour en faire quoi ? Moucher ce nez, par exemple, essuyer ces yeux, ou bâillonner cette bouche, ou plutôt ensevelir ce corps honteux, misérable.

Je ne cherche pas la reconnaissance des bloggeurs, ni même la célébrité. Non je veux juste faire partager des moments volés à l'immense machination qu'est la vie. Des petites secondes jalousement conservées sous forme de photographies, textes ou simplement de souvenirs.

La première trace que je laisserais ici sera celle de mon identité. Trop souvent oublié, mon prénom a une force et une histoire. Il a été remplacé par ce trop lourd pseudo de Danette, marque vivante d'un passé agité. L'âge n'est, quant à lui, qu'un chiffrage abstrait qui nous sert à nous imaginer le temps qu'il nous reste à vivre, alors que nous ignorons tout de notre ligne de vie. 
Mon entourage me donne aujourd'hui 18 ans, mais je m'en accorde volontiers 10 de moins car je suis loin d'égaler les jeunes adultes dans leur maturité et leur sagesse ...  

Si je savais où mes pas me mèneront dans 5 minutes, une heure ou même un jour je vous dirais à bientôt mais qui sais si nous nous reverrons ?
Peut-être nous croiserons-nous dans le métro sans que vous me reconnaissiez. Peut-être passerez vous sur mon lieu de travail sans que je sache qui vous êtes. Le monde est fait de personnes qui se rencontrent sans se voir mais qui se connaissent sans le savoir.

Je vous aime.