19/09/2011

Souvenir n°3




Le vrai voyage, c'est d'y aller. Une fois arrivé, le voyage est fini. Aujourd'hui les gens commencent par la fin.

                [Hugo Verlomme]



Je n'ai jamais eu peur de voyager, de partir loin de chez moi. J'ai peu d'attaches dans cette ville qui m'a vu grandir. J'en connais toutes les rues, toutes les maisons mais je n'ai que faire de leurs habitants. La pierre et les arbres parlent plus que les voix. 
Assise sur le rebord de la fenêtre, le visage tourné vers de ciel, je ferme doucement les yeux et me souviens.

Je me souviens avoir aimé, détesté, adoré, haïs, quitté, retrouvé cette petite zone pavillonnaire, tout près de Paris. Je me suis toujours demandé si l'on pouvait partir sans jamais se retourner. Si l'on pouvait vraiment "recommencer" sa vie. 
Mais le commencement d'une vie est la naissance. Peut-on naître une seconde fois ? Et recommence-t-on enfant ou quelqu'un appuie sur avance rapide jusqu'à l'âge où nous étions avant ?

Je n'ai jamais voulu recommencer ma vie. Je suis certaine que douée comme je suis j'aurais refait les mêmes erreurs et cette souffrance n'aurait servi à rien. Car partir c'est souffrir. C'est perdre un bout de soi-même, qui restera pour toujours accroché à un mur, pendu à une branche. Partir c'est s'arracher la peau dans l'espoir qu'une autre repoussera, plus douce, plus lisse, plus nette. Mais la cicatrisation est longue, interminable, parfois impossible.

Même en sachant ça, qui n'a jamais voulu tout plaquer et s'enfuir ? Qui n'a jamais rêvé de grands espaces, de nouveaux paysages, coincé entre les murs de sa classe ? et combien d'entre vous ne le fera jamais ?

Pourquoi s'obstiner à croire que le bonheur est dans la fuite ?

Je vous aime.

2 commentaires: